J’ai vu une icône de Marie dans le monastère St Georges, dans les gorges du Wadi Kelt en Israël, où la Vierge avait la peau très mate, le visage assez rond et très charnelle, et je me suis dit « Enfin je te trouve et je te retrouve »

Je crois que chacun se fait sa propre image, l’image qui lui convient. Je n’en ai pas d’image absolue. Elle est juste comme on a envie de la voir et si elle nous aide, tant mieux. Elle est en moi, tout le temps.

As-tu envie de faire une chanson pour Jésus, comme tu l’as fait pour Marie ?

« Il est lui » en est une !  Mais je me sens beaucoup plus proche de Marie que de Jésus, c’est vrai. Il y a encore un côté de lui que je n’ai pas découvert, un côté joyeux peut-être, car la Foi c’est aussi et surtout la Joie …..

C’est d’ailleurs le Père André-Marie qui m’a fait prendre conscience de cela. Ses sculptures de croix sont magnifiques ! Les mains de Jésus ne sont pas clouées à la Croix comme on le voit toujours, mais elles sont au contraire ouvertes et tendues vers le ciel dans une parfaite joie de la résurrection. 

J’ai envie de trouver « l’Homme » en Dieu. J’ai envie de le voir, faire la fête avec ses amis par exemple. Il y a ce côté « dur » qui m’a été donné par mon éducation catholique et qui perdure peut-être un peu trop.

C’est sans doute pour cela que je me suis tournée vers Marie.

J’aime bien dans l’Ecriture que cela soit signifié, induit, mais je n’aime pas les « Jésus, je t’aime », cela manque de poésie. La poésie, elle est dans le ressenti. Quand je chante « La terre chante » ou « Je suis », je parle d’autre chose mais il y a forcément quelque chose qui ressort dans chacun des textes. Et puis je n’ai pas envie de sélectionner mon public, j’ai envie d’avoir un public large et pas seulement un public qui « croit ». C’est très ambitieux certainement, mais je pense que chacun porte en lui quelque chose de beau et de sincère quelles que soient ses croyances (ou ses non-croyances d’ailleurs). Mes croyances, je ne les expose pas, elles font partie de mon intimité.

Il n’y a pas « Le Chemin », il y a autant de chemins que de personnes !

Pour moi  Marie, c’est la référence de la féminité, de la tendresse.

J’ai beaucoup aimé le livre de Marek Halter sur Marie, car il l’incarne vraiment comme j’avais envie de la voir incarnée. Il parle d’une Femme dynamique, révoltée et émancipée. C’est très étonnant et si loin de l’image chrétienne que l’on a de Marie. J’aime beaucoup cette image et j’adhère totalement à cette vision.

Que pouvez-vous nous dire de votre vie de femme en terre d’Ariège ?

Ma vie de femme, c’est avant tout la Terre, la Planète.

« Terre d’Ariège », c’est le titre d’une de mes chansons et c’est vrai que lorsque j’arrive dans la petite vallée où réside ma famille, je me sens bien. J’aime les paysages, les gens, j’aime l’air, j’aime l’eau, la nature préservée enfin, j’aime tout !

J’ai beaucoup de souvenirs là-bas bien sûr ! J’aime le côté un peu « état brut de l’Ariège », mais il y a bien d’autres endroits qui ont pour moi la même vibration et qui me procurent de fortes sensations.

Tout est question d’ouverture de cœur. Mon combat est avant tout un combat universel et non régionaliste pour la protection de la nature et de la planète.

L’Ariège, c’est la Terre de mon Père et de mes ancêtres, c’est tout !